vendredi 17 novembre 2017

Colorado kid de Stephen KING





Stephen KING

Colorado kid














4ème de couverture : 
Pour deux vieux busards du journalisme tels que Dave Bowie et Vince Teague, la présence dans leur petit hebdomadaire local de la ravissante Stephanie McCann est un bain de jouvence.
Et comment donner plus sûrement à l'exquise stagiaire l'envie de rester, si ce n'est en lui révélant l'insoluble énigme qui les tenaille et qu'ils gardent jalousement depuis vingt-cinq ans ? 
Cet homme retrouvé sur une plage, mort dans des circonstances insolites et inexplicables, livrera-t-il son secret à la jeune fille happée par cette histoire ?





Relire du King me fait vraiment plaisir, je l'ai découvert très jeune, puis j'ai fait une pause, ayant trouvé des longueurs dans certains romans.
Celui-ci étant court, je trépignais de savoir ce que j'allais y trouver.

Stéphanie fait un stage journalistique chez Vince et Dave.
Les deux compères vont finir par lui révéler leurs plus grands doutes sur une énigme jamais résolue.

La police d'écriture choisie se marrie bien avec le style rétro du récit, je ne sais pas pourquoi ça m'a sautée aux yeux.
Ma réflexion va vous sembler bizarre, mais j'adore ce genre d'impression qui plonge dans l'ambiance.

J'ai aimé cette longue discussion, elle a fait revenir tout le monde dans le passé, il n'y a rien de plus extraordinaire que d'écouter les anciens parler d'un autre temps.
Ils sont passionnants et j'ai un peu retrouvé mes grands-parents avec ce récit et ce qui est dommage c'est qu'il est probable que ces annecdotes deviennent des trésors perdus avec les nouvelles générations.

Parfois on peut ressentir une sensation d'urgence et bien ici c'est tout le contraire.
Chacun prend le temps de raconter ou d'écouter et j'ai eu l'impression d'être une petite souris qui laisse traîner ses oreilles, happée par l'histoire.

L'ambiance est particulière, chargée d'une aura mystérieuse, c'est réussi.






Stephen Edwin King est un écrivain.
Après avoir obtenu son diplôme de fin d'études secondaires, il étudie la littérature à l'Université du Maine d'Orono de 1966 à 1970.
Il a publié son premier roman "Carrie" en 1974 et est rapidement devenu célèbre pour ses contributions dans le domaine de l'horreur mais a également écrit des livres relevant d'autres genres comme le fantastique, la fantasy, la science-fiction et le roman policier. Ses romans les plus connus sont "Shining" (1977), "Misery" (1987) ou encore "Ça" (1986). 

mardi 14 novembre 2017

Punk friction de Jess KAAN






Jess KAAN

Punk friction














4ème de couverture : 
Auchel, nord de la France. Le corps d'un jeune marginal brûle au petit matin dans le cimetière municipal. Acte gratuit, vengeance, meurtre ? La police ne sait quelle hypothèse privilégier, d'autant qu'on découvre très vite un nouveau cadavre, celui d'une étudiante, sauvagement assassinée. La population aimerait croire que le coupable se cache parmi la bande de punks squattant dans les environs... Le capitaine Demeyer, quadragénaire revenu de tout, et le lieutenant Lisziak, frais émoulu de l'école de police, du SRPJ de Lille sont chargés de cette enquête qui s'annonce particulièrement sordide. Une jeune lieutenant, en poste dans la cité, ne veut pas lâcher l'affaire et s'impose à ce duo pour le moins hétéroclite.






Cette sortie aux éditions Lajouanie est parfaite, j'avais très envie de découvrir cet auteur.

Demeyer et Lisziak forment une nouvelle équipe qui ne les enchante pas vraiment.
Leur première sortie sera pour un corps calciné dans un cimetière.
Pour enquêter ensemble, il va bien falloir composer, seule l'efficacité compte...

Le tueur va vite montrer qu'il ne plaisante pas, les douleurs ante-mortem sont ignobles et s'apparentent à de la barbarie.
Le lecteur doit s'accrocher devant des scènes brutales, mais très brèves.
On peut dire que c'est du thriller pur et dur, aussi énergique qu'on l'attend et de toute façon, le lecteur de noir est un doux dingue donc rien ne lui fait peur c'est bien connu.

Même si dans ce roman, ce sont des teignes, j'ai adoré y voir des punks, ça me rappelle mon adolescence acidulée et rebelle.
Quand après coup on regarde le titre, on se dit qu'il est parfait et bien trouvé.

J'ai été agréablement surprise par l'écriture, il n'y a rien à redire, on est à 100% dans le positif.
L'enquête est sympa à suivre et le dénouement est rageant, mais ça je ne peux en parler plus.
On se rend compte que le sujet est plus profond qu'on ne le croyait au début, c'est très bien fait.
C'est une belle découverte, merciii.




Jess Kaan est auteur de fantastique, fantasy, science-fiction et anthologiste. On lui doit essentiellement des nouvelles parues dans divers supports en France, en Belgique, au Québec ainsi qu'en Pologne, en Espagne et aux États-Unis. 
En 2003, il reçoit le prix Merlin pour sa nouvelle "L'affaire des elfes vérolés", première aventure du détective privé triton Eidonius (dans l'anthologie Sciences et Sortilèges). En 2004, il publie son premier recueil aux Éditions de l'Oxymore (Dérobade). Il codirige également avec Grégory Silhol pour cette maison d'éditions une anthologie intitulée "La Route", avec au sommaire des auteurs comme Jérôme Noirez, Sire Cédric, Léa Silhol... La collaboration s'arrête suite au dépôt de bilan de l'éditeur début 2006. Dès lors, l'auteur se met à publier à l'étranger où il signe par exemple avec Christophe Duchet un dossier consacré à la sf française dans une revue tchèque. 
En 2007, il publie un premier roman de science-fiction, (Refractaires) et commence également à publier des textes sur internet. En 2008, il coécrit pour la première fois avec Antoine Lencou une nouvelle (Hors Garantie) qui paraît dans le magazine Lanfeust Mag. 


vendredi 10 novembre 2017

Entre deux mondes d'Olivier NOREK







Olivier NOREK

Entre deux mondes













4ème de couverture : 
Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l'attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir. 
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu'il découvre, en revanche, c'est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n'ose mettre les pieds. 
Un assassin va profiter de cette situation. 
Dès le premier crime, Adam décide d'intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est flic, et que face à l'espoir qui s'amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou. 
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu'elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d'ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger. 







Olivier Norek fait partie de mes auteurs préférés, après trois superbes romans, cet auteur n'a plus rien à me prouver.
A contrario, j'ai quand même des attentes élevées, j'ai besoin de mon shoot annuel, mais je sais qu'elles seront remportées largement.

Nora et Maya quittent la Syrie en urgence, la situation étant devenue dangereuse.
Le père de famille les rejoindra à Calais en France, dans sa jungle, dans un second temps, où ils pourront ensemble  rejoindre l'Angleterre.

J'ai lu peu de livres traitant des migrants de Calais et je n'avais jamais rien lu sur la guerre en Syrie et de son peuple maltraité, éprouvé, massacré.
Se trouver avec des personnages au cœur du problème est dur, mais intéressant, on se rend compte à quel point leurs vies sont horribles.
Et bien sûr, de nombreux passeurs se gavent en les dépossédant de toutes leurs économies et de tout ce qu'ils ont.

Le sujet de l'immigration est clairement un sujet difficile voire glissant, la facilité n'a pas été choisie et c'est appréciable.
La jungle de Calais est le rêve américain de tous les Syriens, entre autres, persuadés qu'en France tout serait plus facile et la vie belle.
Malheureusement, même s'ils ont quitté l'horreur la plus absolue qu'est la guerre, ils étaient parqués dans ce camp dans des conditions inhumaines.
L'insalubrité, l'insécurité et les maladies y règnent en maître, sans oublier la faim, la peur et le désespoir.
C'est un sujet douloureux et sûrement étouffé autant que possible par les autorités.

La cohabitation avec les Calaisiens est impossible, ces êtres humains fantômes sont prêts à tout pour traverser la Manche, persuadés qu'ils pourront y vivre décemment.
Dans ce roman on comprend tout ce qu'ils ressentent, mais surtout ce besoin de vivre dont l'instinct de survie pousse à faire des actions irrationnelles.
Je me souviens d'un exemple choquant, celui d'un chauffeur poids lourd mort suite à un tronc d'arbre placé sur la route par les migrants.
J'ai aimé la neutralité de l'auteur, on ne le sent d'aucun côté et il explore justement chaque partie à fond.

On imagine aisément que l'immersion d'Olivier Norek dans la jungle de Calais a dû être bouleversante et il l'a utilisée à bon escient pour son roman noir.
Ceci dit, il en faut pour rentrer dans une zone de non-droit, si vous voyez de quoi je parle, tous les hommes n'y sont pas les bienvenus.
Ça doit être une sacrée leçon de vie, pourtant l'auteur a dû en voir des vertes et des pas mûres dans sa précédente vie de flic du 9.3.

Je ressors de ma lecture avec le cœur déchiré, en miettes, comme si une meute de chiens se l'étaient disputé, tirant, écorchant, écartelant chaque morceau digne de ce nom.
Submergée par l'émotion et par la solidarité humaine, j'ai senti mon nez piquer et mes yeux s'humidifier.

Si vous voulez frissonner et avoir les poils dressés sur les bras c'est exactement la lecture qu'il vous faut.
J'ai eu envie d'enfoncer mes ongles dans mon crâne et de hurler, pourquoi la vie est si cruelle? Pourquoi est-elle injuste avec certains? Comment peut-elle être aussi dégueulasse?
J'ai réfléchi un moment à tout ça, "Entre deux mondes" permet de relativiser énormément sur sa propre vie et de se rendre compte qu'il faut arrêter de râler pour des broutilles.
En France, oui j'ai bien dit en France, il y a des êtres humains qui ont connu l’innommable.





Olivier Norek est un écrivain et scénariste français.
Il est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche de la Sous-Direction de la Police Judiciaire (SDPJ) en Seine Saint-Denis (93).
Il travaille d'abord en tant que bénévole chez Pharmaciens sans frontières durant trois années, lors desquelles il participe à la réhabilitation d'un hôpital à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, ainsi que de l'approvisionnement en matériel médical des hôpitaux et camps de réfugiés des territoires en guerre de l'ex-Yougoslavie (1994-1995).