vendredi 23 février 2018

L'affaire Mina Marten de Bob GARCIA






Bob GARCIA

L'affaire Mina Marten
Sherlock Holmes contre 
Conan Doyle











4ème de couverture :
La belle et mystérieuse spirite Mina Marten est habitée de visions qui ont permis de confondre des criminels. Scotland Yard doute encore. Arthur Conan Doyle, spécialiste du spiritisme et accessoirement agent littéraire de son ami le docteur Watson propose de soumettre Mina Marten à une expérience. 
Les visions et les révélations s'enchaînent, aux confins du surnaturel. Londres retient sa respiration. Sherlock Holmes s'oppose est persuadé que tout cela n'est que mystification. La dernière vision de Mina Marten plonge Londres dans l'effroi. Pourtant, la vérité découverte par Sherlock Holmes est bien plus sordide encore… Les londoniens seront-ils prêts à l'entendre ?
Ce récit est tiré d'une enquête réellement menée par Conan Doyle et relatée dans ses mémoires.





Qu'elle ne fût pas ma surprise de trouver le Dr Watson et Sherlock Holmes dans le même roman que Conan Doyle, on peut dire que c'est inattendu.
On se croirait à Londres dans le début des années 1800, la reproduction semble fidèle, en tout cas j'y ai cru à fond et quand on arrive à la fin du roman, on comprend l'énorme travail de documentation.

Conan Doyle et le Dr Watson assistent à une démonstration de la spirite Mina Marten.
Cette dernière retrouve dans une cave, grâce à son don, une petite fille kidnappée.
Sherlock Holmes totalement réfractaire à la pratique, accepte du bout de la langue, de confronter la spirite à l'arme d'un crime...

Ah Londres, c'est vraiment une ville magique, un endroit que j'affectionne particulièrement.
Pour la petite histoire, je me suis retrouvée à courir d'un bout à l'autre de la ville, comme un jeune chien fou et complètement épuisée par la visite, j'ai choisi de stopper net mon programme et de me rendre au musée de Sherlock Holmes.
Quoi de plus facile pour trouver l'adresse (et oui ça date un peu, je n'avais pas internet sur le portable) j'avais retenu que c'était la même dans la réalité et dans le livre.
N'est pas fabuleux ? 221 Baker street.

Certains auteurs ont un talent de conteur remarquable et c'est le cas de Bob Garcia.
Les retours en arrière proposent un récit peu commun qui ont su m'emporter loin.
Je ne m'attendais pas du tout à ça, quelle surprise.

J'avoue préférer les livres courts ou moyennement courts, mais je sais que les amateurs de pavés sont nombreux, pour ma part j'ai une réticence, car souvent, il ne faut pas généraliser, mais souvent je trouve des longueurs ou des relâchements dans le rythme.
Ce n'est pas le cas de "L'affaire Mina Marten", alors aujourd'hui je ne dirais pas, j'aurais bien viré 100 ou 200 pages parce que c'est impossible, le roman est construit d'une telle façon que tout est utile, sans jamais se relâcher.
Quoi de plus horrible que les pages inutiles ou le remplissage et pourtant ça existe.

Voir Sherlock Holmes combattre le spiritisme est intéressant, c'est un personnage très terre à terre, c'est davantage un scientifique.
Vous croiserez également, Jack l'éventreur, dont les meurtres bien qu'horribles, fascinent totalement.

Quelle incroyable expérience de spiritisme, elle décoiffe, je vous la conseille.






Ingénieur diplômé de l'Ecole centrale (promo 79), Bob Garcia a travaillé dans les télécoms.
Passionné de littérature populaire et de romans policiers et spécialiste d'Hergé et de Tintin, il a écrit plusieurs essais tintinophiles, dont Jules Verne et Hergé, d’un mythe à l’autre pour lequel il a obtenu le prix Jeunes Lecteurs des médiathèques de Paris.
Il est aussi l'auteur de plusieurs romans, dont L'Ipotrak noir et Le Testament de Sherlock Holmes (2005), qui a été récompensé par le prix Intramuros et le premier prix du festival Polar & Co de Cognac en 2005.
Il est membre de 813 (l’association des amis de la littérature policière), de l’ADH (Association des Amis d’Hergé) et de la SSHF (Société Sherlock Holmes France).
Musicien de jazz et compositeur, il joue de plusieurs instruments (contrebasse, guitare et banjo notamment) et a enregistré plusieurs disques avec différentes formations.
Bob Garcia est aussi chroniqueur et anime notamment, en 2009, la chronique hebdomadaire « Jazz et Polar », le mercredi matin sur la radio TSF Jazz.




mercredi 21 février 2018

L'enlèvement des Sabines d'Emilie DE TURCKHEIM





Emilie DE TURCKHEIM

L'enlèvement des Sabines















4ème de couverture :
Lorsque Sabine démissionne, ses collègues lui offrent une Real Doll comme cadeau de départ (le modèle se prénomme Sabine). Consciencieuse et effacée, Sabine est décontenancée par ce cadeau…





Sabine quitte son travail après 15 ans de bons et loyaux services, pour se retrouver avec une poupée grandeur nature en guise de cadeau de départ.

La société est tellement exigeante, elle impose sa normalité, faire des enfants ou pas, et même jusqu'au nombre qu'il faut avoir.
Je parle en connaissance de cause, j'ai fait le choix de n'en avoir qu'un, vous n'imaginez pas l'outrage que c'est, aux yeux de la populace.
Les jugements et les réflexions piquantes qu'il faut supporter.

Le personnage principal subit une mère tyrannique et destructrice, j'avoue avoie eu envie de l'assommer à plusieurs reprises, quelle horreur.

Que penser de ces sex dolls, je suis très partagée sur le sujet.
D'un côté, je me dis que si ça doit enlever la frustration sexuelle et les pulsions que les "monstres" ne savent pas contrôler, alors tant mieux.
Il y aura peut-être moins de femmes violées et donc moins de passage à l'acte.
Mais d'un autre côté, je suis très gênée par cette reproduction fidèle de la femme, orifices compris.
La poupée, elle, est toujours d'accord pour faire l'amour et il ne faudrait pas que du coup, au contraire, l'homme finisse par se passer du consentement de la femme et passe à l'acte.

Que dire sur ce roman, c'est assez difficile, je suis sur une impression d'originalité et de bizarrerie, mais n'est-ce pas ce que je cherche quand je me tourne vers la littérature blanche.
Il faut savoir qu'elle est concernée à 10% dans mes choix de lecture.
L'aspect psychologique est particulièrement fort, et ce à tous les niveaux.





Emilie de Turckheim vit et écrit à Paris. Elle publie à vingt-quatre ans Les Amants terrestres. 
Étudiante en doctorat de sociologie à Sciences Po, elle est visiteur de prison à la maison d’arrêt de Fresnes et modèle vivant pour des artistes peintres et sculpteurs. 
Son expérience de visiteur à la prison de Fresnes lui inspire en 2008 "Les Pendus". 
En 2009, elle reçoit le prix de la Vocation pour "Chute Libre", son deuxième roman et le prix Bel Ami 2012 pour "Héloïse est chauve".
Elle est modèle vivant pour des peintres et des sculpteurs, une expérience qu’elle relate dans "La Femme à modeler", paru en 2012.
En avril 2013, elle publie "Jules et César" et "Mamie Antoinette" aux éditions Naïve.
Elle reçoit le prix Roger Nimier pour "La Disparition du nombril" (2014). "Popcorn Melody" est son huitième roman paru en 2015 aux éditions Héloïse d'Ormesson. 

lundi 19 février 2018

Retour à Duncan's Creek de Nicolas ZEIMET



Nicolas ZEIMET

Retour à Duncan's Creek





4ème de couverture :
Après un appel de Sam Baldwin, son amie d'enfance, Jake Dickinson se voit contraint de retourner à Duncan’s Creek, le petit village de l’Utah où ils ont grandi. ​C’est là que vit Ben McCombs, leur vieux copain qu’ils n’ont pas revu depuis plus de vingt ans. Les trois adolescents, alors unis par une amitié indéfectible, se sont séparés dans des circonstances dramatiques au début des années quatre-vingt-dix. 

Depuis, ils ont enterré le passé et tenté de se reconstruire. Mais de Los Angeles aux montagnes de l’Utah, à travers les étendues brûlantes de l’Ouest américain, leurs retrouvailles risquent de faire basculer l’équilibre fragile de leurs vies. 

Ce voyage fera ressurgir les haines et les unions sacrées, et les amènera à jeter une lumière nouvelle sur le terrible secret qui les lie. Ils n’auront alors plus d’autre choix que de déterrer les vieux cadavres, quitte à renouer avec la part d’ombre qui les habite… et à se confronter à leurs propres démons. 





J'ai un excellent souvenir de ma précédente lecture de Nicolas Zeimet, je pense sincèrement qu'il faut tout lire, ça veut dire qu'il m'en reste un à lire et je compte bien le faire.

Sam est une ado qui joue les dures, mais derrière cette façade se cachent de terribles blessures.
Elle forme une sacrée équipe avec Ben et Jake, jusqu'à confier l’innommable à l'un d'entre eux.
Plusieurs décennies plus tard, Sam appelle Jake, ils se retrouvent rapidement...
Que cachent-ils tous? Qu'ont-ils fait?

Le langage des adolescents est vraiment bien retranscrit, on s'y croirait.
Il est d'ailleurs bien aisé de reconnaître cette brutalité qui leur est propre, c'est vraiment bien fait.
L'auteur a dû se plonger dans l'âge ingrat pour y parvenir, enfin je l'imagine.
Pour ce qui est des lieux, je sors le même compliment, je suis partie aux Etats-Unis en un rien de temps et j'ai adoré ça.

Le personnage de Sam est extra, on la sent forte et rebelle, elle est électrisante, elle bouillonne de liberté.
J'ai pourtant souffert avec elle, tout n'est que douleur, l'ambiance est lourde quand tombe le moment des confidences.

J'ai subi une certaine angoisse, disons-le, et même plus j'ai relâché ma garde en croyant le cauchemar terminé, je n'aurais pas dû.
Que d'émotions en tournant la dernière page, je ne sais plus quoi dire.
Si, lisez-le.
Nostalgique, ne sachant pas s'il faut rire ou pleurer, c'est à vous filer des frissons.




Nicolas Zeimet vit à Paris. Il écrit depuis l'âge de dix ans. 
Son premier roman, "Déconnexion immédiate", est paru en 2011 chez Mon Petit Éditeur. 
Après "Seuls les vautours", lauréat du Prix Plume d'Or 2015, il publie "Comme une ombre sur la ville" aux éditions du Toucan.